La plupart des gens qui lisent mon blog, c’est-à-dire moi-même et quelques personnes égarées suite à des renseignements mal indiqués, savent à quel point je déteste les blogs.
Il n’y a rien qui puisse m’ennuyer plus que de lire un blog, alors en tenir un, vous pensez.
Un blog n’est jamais qu’un support de communication via lequel n’importe quelle personne sans intérêt ou trop satisfaite de ses mérites, peut étaler, avec impudeur et égocentrisme, le reflet commenté de sa propre existence. Alors un blog de comédiens, vous imaginez ?
Bon, pour cette fois-ci je veux bien faire exception et me prêter au jeu. Notre Dir com’ adorée m’a gentiment obligé demandé de rédiger un billet pour notre blog avant la fin du mois de novembre sous peine de me faire virer de la troupe. Bien qu’étant le président de l’association et vu leur aigreur réciproque à mon égard, je ne serais pas le moins du monde étonné de les voir voter à l’unanimité une motion de censure pour m’obliger à démissionner.
Moi qui suis plutôt anachorète, pour ne pas dire cénobite, je me demande encore ce qu’il m’a pris, par un soir d’été, outrageusement alcoolisé, de vouloir monter une troupe de théâtre amateur. Je ne veux pas dire par là que je regrette, mais déjà que la compagnie des gens en général m’insupporte au plus haut point alors la compagnie de théâtre, vous imaginez bien.
C’est bien simple, de tous les spectacles que nous avons montés ensemble, le seul pour lequel j’ai un tant soit peu pris de plaisir à travailler est celui des soliloques (monologues pour les incultes). En revanche, le jouer sur scène m’a beaucoup moins enchanté. Il faut dire qu’à cinq euros la place, vente qui plus est exclusivement réservée aux proches et aux amis, on a très vite fait de se retrouver devant un public pour qui Goldoni doit être une marque de pâtes et Ondine une expression familière. Quand je pense qu’on a interprété un extrait de Phèdre ce soir là, on a vraiment peur de rien.
Enfin, j’exagère, je ne peux pas mettre tous les spectateurs dans le même fauteuil. Il y a des exceptions. J’en veux pour preuve cet ouvrage de pièces de théâtre de Tchekhov que m’ont récemment offert, pour mon anniversaire, deux spectateurs avisés. Le jeu du hasard, mais pas de l’amour, n’exagérons rien tout de même, veut que Tchekhov soit un de mes auteurs préférés en matière de Théâtre. Je fus donc agréablement surpris et reconnaissant à leur égard pour cette marque d’estime et de bon goût, qui, malheureusement, s’estompa très vite lorsque je lus leur petit mot en deuxième de couverture dans lequel ils me signifient que c’est en entendant parler de la pièce de Tchekhov intitulée « L’ours » qu’ils ont eu pour moi l’idée de ce cadeau.

Green Paradise est une troupe de théâtre amateur parisienne qui rassemble des gens d'horizons variés, que la passion du théâtre réunit.

