«Mr Caïman a perdu ses dents».
C’est avec cette phrase tirée d’une chanson pour enfants que tout a commencé.
Retour quelques mois en arrière, lorsque le projet carte blanche nous a été imposé.
Je décidai d’écrire un texte de théâtre: moi qui ai déjà du mal à écrire mon nom, c’est pas gagné.
Comment trouver l’inspiration?
Je fouille dans mes expériences personnelles, dans l’actualité, mais elle ne vient pas.Il ne me restait donc plus que le plagiat. Trouver une pièce inconnue du grand public, changer les prénoms des personnages et prier pour que personne ne l’ai lu. Je trouvai mon bonheur avec «Le Cid» d’un certain Corneille (peut-être le chanteur?).
Mais je me suis fait griller, surement parce qu’il n’y avait aucune faute d’orthographe.
Il fallut donc tout reprendre depuis le début.
D’où la mise au point d’une nouvelle technique: partir d’un mot, et laisser libre cours à mon imagination, sans aucune réflexion (ça je sais faire)
J’attraperai la première personne qui apparaitrai dans mon champ de vision puis:
-Dis un mot.
-Quoi?
-Dis un mot, c’est tout.
-Caïman!
-Pourquoi caïman?
-«Ooooh Mr caïman Ooooh a perdu ses dents» tu connais pas bouffon?
C’était peut être pas une si bonne idée que ça. Mais à auteur désespéré, méthode désespérée.
Je me pose devant une feuille blanche puis…tout s’enchaîne.
30 mn: c’est le temps qu’il m’a fallu pour écrire le 1er acte.
10 jours: c’est le temps qu’il m’a fallu pour le partager au reste de la troupe, persuadé que cela n’amuserai personne, que je me ferai lyncher surtout après que ce cher NKL ai publié ses ilots d’Helsinki, une pièce profonde merveilleusement bien écrite, sans fautes d’orthographes, à voir absolument (représentation exceptionnelle le 27/02/2010)
Et pourtant… elle est acceptée avec enthousiasme, à ma grande surprise.
Au fil des répétitions, je m’amuse à voir chaque comédien s’approprier le texte et lui donner une autre dimension. Je (re)découvre ma pièce.
Puis vint le jour tant attendu de la première représentation. Les gens rient. Des gens pourtant d’horizons et d’âges différents. Nombreux sont ceux qui viennent me féliciter à la fin. Je n’en reviens pas.
Puis on me pose une question à laquelle je n’avais jamais songé:
-Mais où veux tu en venir?
C’est vrai: où est ce que je veux en venir? J’ai envie d’être honnête et de répondre «nulle part» . Mais je ne peux décemment pas le faire, je ne peux pas réduire cette pièce à un simple délire que j’aurai eu avec moi-même, de quoi j’aurai l’air? Il faut que je trouve quelque chose à dire, que je lui donne un sens, mais l’inspiration ne vient pas.
-Alors?
-Dis un mot…
Green Paradise est une troupe de théâtre amateur parisienne qui rassemble des gens d'horizons variés, que la passion du théâtre réunit.




