S’il y a bien une chose que j’abhorre au théâtre, ce sont les applaudissements de fin. Tout du moins ce rituel qui consiste à inciter et ce à plusieurs reprises, le salut sur scène des comédiens.
Je parle là en tant que comédien, en tant que spectateur, place que j’ai la plus souvent prise au détriment des planches, moins confortables d’ailleurs, je sais très bien que le public applaudit avec grandiloquence avant tout parce que le spectacle est enfin terminé. Et qu’il est content que ce soit fini ! D’ailleurs, l’enthousiasme des spectateurs se mesure le plus souvent au taux de médiocrité du spectacle. Certains vont même jusqu’à verser une petite larme tant ils sont heureux de pouvoir enfin rentrer chez eux.
Moi, devoir venir m’abaisser devant un parterre de gens, qui pour la plupart sont de votre famille et donc n’y connaissent rien au théâtre, ça m’embête. Et si je reste courtois et poli c’est uniquement parce que je sais que des enfants viennent lire ce blog depuis qu’on y expose des vidéos où ça parle de zizis.
Bref, je déteste les saluts. D’ailleurs, cette coutume, née dans les années 40, n’a plus de sens… Et puis franchement, lorsque vous en avez terminé avec votre journée de travail par exemple, vous n’allez pas entrer et ressortir du bureau de votre chef quatre fois d’affilé pour aller le saluer, non, vous vous barrez parce que vous êtes bien content d’en avoir fini. Bah moi au théâtre c’est pareil.
D’autant que, ce que vous ne savez pas, c’est que l’entrée et la sortie des saluts est quelque chose de très travaillé. Malgré ce que l’on pourrait croire, il n’y a pas là de place à la spontanéité et à l’improvisation sentimentale, non, juste la volonté sadique du metteur en scène.
Ca, les saluts, les metteurs en scène adorent, les comédiens beaucoup moins, surtout quand ce genre de fantaisie nous est imposé la veille de la première, c’est-à-dire juste après en avoir enfin terminé, après des semaines et des mois, avec l’apprentissage du texte et les répétitions à n’en plus finir pour millimétrér la mise en scène de la pièce. La cerise sur le gâteau diront certains, le fruit du dictat du metteur en scène oui !
Moi je rêve de terminer un spectacle en laissant le public applaudir seul sans jamais revoir les comédiens, laissant ainsi les personnages s’évader dans l’imaginaire des spectateurs. Ce serait tellement plus joli.
Autre point important, savez-vous quelle est la différence entre le théâtre amateur et le théâtre professionnel ? C’est que les professionnels n’ont pas besoin de saluer tous les gens qui les ont aidés à monter le spectacle puisqu’eux-mêmes sont payés pour le faire. Tandis que dans le théâtre amateur, où ne vivent que des artistes ratés et des bénévoles refoulés, y compris par les causes humanitaires, on se doit de les remercier à la fin du spectacle. Ce n’est pas d’avoir à les remercier qui est désobligeant, mais d’avoir à se rappeler de leurs noms et de ne pas en oublier un seul, car dans une troupe, l’égo ne loge pas que dans celle des comédiens.
Allez, j’arrête pour aujourd’hui d’autant que je sens que ce texte va être censuré du blog et que si je me relis, je n’aurais qu’une envie, c’est d’arrêter le théâtre. Du coup, pour les fautes et la syntaxe, vous n’aurez qu’à corriger par vous même, ça ne vous fera pas de mal.
Green Paradise est une troupe de théâtre amateur parisienne qui rassemble des gens d'horizons variés, que la passion du théâtre réunit.



Juste pour info au visiteur perdu qui ne connaîtrait pas notre cher Président, Baptiste. Ce garçon est charmant dans la vie vraie, il fait juste de l’humour noir. Ce texte est bien évidemment à prendre au 3ème degré, et n’engage que son auteur.
Merci de bien vouloir revenir nous voir en juillet.
S’il vous plaît.