Sans filet, un instinct théâtral

J’ai la chance d’être le seul comédien de la troupe à avoir joué dans les 3 créations de la troupe: Green Paradise de Baptiste et Alexandre, Les Ilôts d’Helsinki de NKL et la Valse des Caïmans de Mike.

Je ne vais pas m’étendre sur la première, qui après nous avoir collectivement demandée près d’un an d’efforts (entre l’écriture, l’apprentissage du texte, la mise en scène, la réalisation des décors, le choix des costumes, et j’en oublie…) n’a finalement jamais vu le jour « publiquement », et n’aura donné lieu qu’à une représentation ultra privée en petit comité en juillet 2008 et dont les Happy Fews ne sont peut être pas si « happy » que ça. Bon on va dire que c’était notre première expérience, qu’on était plein d’ambition et de bonne volonté (trop certainement), mais que même si ce projet n’est pas complètement remisé, on n’a encore jamais réussi à le remettre sur les rails. Il est vrai qu’il est aussi le témoin et le symbole d’une époque de gestation de Green Paradise et que tout ses membres ont grandi et évolué depuis (ou pas). Ou disparu. Et réapparu même pour certain. Bon finalement je me suis un peu étendu.

Parlons un peu des Ilôts d’Helsinki – le projet NON autobiographique de NKL – :  2 personnages, 2 comédiens sur scène, 2 représentations (une en juillet 2009, et une en février 2010), 2 versions un peu différentes (la deuxième un peu plus étoffée, bénéficiant du retour de la première), mais à chaque fois marquées par l’absence d’un metteur en scène « extérieur »: la première fois parce qu’on ne savait pas qu’il en fallait un, et la deuxième sur démission forcée suite à des circonstances utéro-médicales (la médiocrité des comédiens n’a probablement rien arrangé, je soupçonne même cette grossesse d’être une excuse, pour ne pas dire un faux monté de toutes pièces; ces photos de bébé et d’hôpital sentent le Photoshop à plein nez). Expérience très intéressante et très enrichissante à au moins 3 niveaux: d’abord la génèse d’un personnage avec absolument aucun point de comparaison puisque vous êtes le premier interprète, la présence ininterrompue sur scène pendant un peu plus d’un heure avec pas mal de texte sur un rythme assez soutenu, et la reprise après un peu plus de 6 mois de « placard » d’un personnage: 3 nouvelles expériences concentrées sur un même projet qui font que vous n’êtes plus tout à fait le même comédien avant et après. Ça m’a presque donné envie de me lancer dans le monologue seul sur scène. Presque…

And last but not least, et même si je n’y ai qu’un petit rôle (jusqu’à présent), La Valse des Caïmans: pièce chorale et déjantée à 5 personnages (jusqu’à présent). Je précise « jusqu’à présent » car j’ai la primeur de vous révéler qu’il va y avoir des surprises dans les jours à venir! Mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant, restez à l’écoute! Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’assister à la seule et unique représentation de juillet 2009 des Caïmans, cette pièce – pour le coup encore plus autobiographique – de Mike est juste formidable. Totalement absurde et un tantinet régressive (mais juste un chouïa ;-) ), elle décrit une journée un peu extraordinaire (enfin on espère) dans le bureau du directeur d’une entreprise de production de cotons-tiges et dont les employés sont ce qu’on peut qualifier de « plutôt gratinés ». C’est drôle, c’est rythmé, c’est bien écrit, et je ne peux que vous encourager à venir la voir si d’aventure nous devions la rejouer (disons dans quelques mois peut être…)

Pourquoi ce penchant pour les créations? Les mauvaises langues vont dire que ça me permet de participer à des créations théâtrales sans avoir de talent d’écriture. Ce à quoi, je préfère répondre que je préfère la prise de risques dans l’interprétation d’une œuvre nouvelle sans filet, et sans garantie de succès. C’est totalement faux, mais je trouve que ça sonne bien. Non, en fait, à part Green Paradise, la pièce, qui était plus une œuvre semi collective fondatrice de la troupe, les deux autres pièces ont été des coups de coeur où j’ai tout de suite reconnu le talent d’écriture puis ressenti le potentiel scénique. C’est aussi ça le théâtre, l’instinct.

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