Non, je ne suis pas de mauvaise foi.

Tout ceci n’était qu’une infâme machination pour m’évincer.
Prenez une troupe de théâtre en week-end, 13 personnes légèrement éméchées, et lancez au milieu de tout ça l’idée d’un jeu intellectuel qui implique coordination des membres, qualité de chanteur, et des gobelets en plastiques. (beaucoup de gobelets c’est important). Attention : vous avez beau être le plus coordonné et celui qui chante le mieux, au final vous n’êtes que tributaire de votre voisin de gauche qui doit vous passer le sus-dit gobelet en rythme, et de votre voisin de droite qui doit récupérer ce même gobelet en rythme également après que vous avez vous même opéré la translation, en rythme toujours.
Quelqu’un perd le rythme et patatras toute la chaîne est en péril : un gobelet tombe, trébuche, disparaît, deux gobelets s’empilent et laissent un trou entre eux, et au lieu de la magnifique chaîne de l’amitié attendue, les participants deviennent de misérables pantins s’agitant dans le vide à la recherche de leur gobelet chéri.

En cas de faute, la sentence est irrévocable : le maillon faible est éliminé. Mais dans un jeu sans Laurence Boccolini pour tout régenter, qui peut contrôler les dérapages ? L’année dernière déjà, j’ai été insidieusement éliminé par le consortium dit des « trois pétasses » : [dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xdgg55_week-end-cohesion-le-consortium-des_people[/dailymotion]
Jurant qu’on ne m’y prendrait plus, j’ai défendu mon gobelet bec et ongles en novembre dernier lors du week-end à Saint Jean de Luz, et ça a payé : je suis arrivé en tête du jeu après avoir éliminé mes voisins un à un.

Il m’a fallu me rendre à l’évidence : je ne suis pas mauvais à ce jeu, ce sont les autres qui m’avaient fait chuter.

Et me voilà, il y a 15 jours, coincé entre un gaucher qui ne sait pas se servir de sa main droite et un « ami » qui a saisi la première occasion venue pour me trahir. Inutile de mentionner les boulets placés en amont qui s’étaient donné le mot pour me pourrir ma partie.
Tout ça pour vous dire, à VOUS les membres de la troupe, vous qui étiez censé cohérer, vous qui étiez censé créer une chaîne indéfectible pour symboliser l’union de notre troupe, je vous pardonne. Je vous pardonne de m’avoir lynché dès le premier tour, je vous pardonne d’avoir arrêté le jeu quand j’ai refusé de me soumettre à « l’autorité du plus grand nombre », je vous pardonne d’avoir remis en cause ma bonne foi. Je vous pardonne pour la simple et bonne raison que je ne me suis jamais autant senti cohéré, intégré et aimé qu’à l’instant où vos doigts m’ont pointés et que vous avez hurlé mon nom. En cet instant j’eusse aimé avoir 12 bras pour tous vous désigner de mon amour.
[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/edit/xdgg2b_le-jeu-du-traderidera_people[/dailymotion]Moi aussi je vous aime.

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