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Sous vos applaudissements

Posted by Baptiste on Dimanche, 7 mars, 2010

S’il y a bien une chose que j’abhorre au théâtre, ce sont les applaudissements de fin. Tout du moins ce rituel qui consiste à inciter et ce à plusieurs reprises, le salut sur scène des comédiens.

Je parle là en tant que comédien, en tant que spectateur, place que j’ai la plus souvent prise au détriment des planches, moins confortables d’ailleurs, je sais très bien que le public applaudit avec grandiloquence avant tout parce que le spectacle est enfin terminé. Et qu’il est content que ce soit fini ! D’ailleurs, l’enthousiasme des spectateurs se mesure le plus souvent au taux de médiocrité du spectacle. Certains vont même jusqu’à verser une petite larme tant ils sont heureux de pouvoir enfin rentrer chez eux.

Moi, devoir venir m’abaisser devant un parterre de gens, qui pour la plupart sont de votre famille et donc n’y connaissent rien au théâtre, ça m’embête. Et si je reste courtois et poli c’est uniquement parce que je sais que des enfants viennent lire ce blog depuis qu’on y expose des vidéos où ça parle de zizis.

Bref, je déteste les saluts. D’ailleurs, cette coutume, née dans les années 40, n’a plus de sens… Et puis franchement, lorsque vous en avez terminé avec votre journée de travail par exemple, vous n’allez pas entrer et ressortir du bureau de votre chef quatre fois d’affilé pour aller le saluer, non, vous vous barrez parce que vous êtes bien content d’en avoir fini. Bah moi au théâtre c’est pareil.

D’autant que, ce que vous ne savez pas, c’est que l’entrée et la sortie des saluts est quelque chose de très travaillé. Malgré ce que l’on pourrait croire, il n’y a pas là de place à la spontanéité et à l’improvisation sentimentale, non, juste la volonté sadique du metteur en scène.

Ca, les saluts, les metteurs en scène adorent, les comédiens beaucoup moins, surtout quand ce genre de fantaisie nous est imposé la veille de la première, c’est-à-dire juste après en avoir enfin terminé, après des semaines et des mois, avec l’apprentissage du texte et les répétitions à n’en plus finir pour millimétrér la mise en scène de la pièce. La cerise sur le gâteau diront certains, le fruit du dictat du metteur en scène oui !

Moi je rêve de terminer un spectacle en laissant le public applaudir seul sans jamais revoir les comédiens, laissant ainsi les personnages s’évader dans l’imaginaire des spectateurs. Ce serait tellement plus joli.

Autre point important, savez-vous quelle est la différence entre le théâtre amateur et le théâtre professionnel ? C’est que les professionnels n’ont pas besoin de saluer tous les gens qui les ont aidés à monter le spectacle puisqu’eux-mêmes sont payés pour le faire. Tandis que dans le théâtre amateur, où ne vivent que des artistes ratés et des bénévoles refoulés, y compris par les causes humanitaires, on se doit de les remercier à la fin du spectacle. Ce n’est pas d’avoir à les remercier qui est désobligeant, mais d’avoir à se rappeler de leurs noms et de ne pas en oublier un seul, car dans une troupe, l’égo ne loge pas que dans celle des comédiens.

Allez, j’arrête pour aujourd’hui d’autant que je sens que ce texte va être censuré du blog et que si je me relis, je n’aurais qu’une envie, c’est d’arrêter le théâtre. Du coup, pour les fautes et la syntaxe, vous n’aurez qu’à corriger par vous même, ça ne vous fera pas de mal.

Paris Match : Interview exclusive d’Hugo Martial

Posted by Baptiste on Dimanche, 27 décembre, 2009

Hugo Martial : Le grand retour sur scène.

Paris Match: Hugo Martial, ça y est, après plusieurs années d’absence, le grand public va enfin vous retrouver sur scène.

HM : Le grand public, peut être et encore, qu’appelle-t-on le grand public (rire) mais l’autre public comme vous dites, a su rester fidèle lui, alors peut-on vraiment parler d’un retour ? Vous savez, c’était avant tout un choix de carrière pour moi de prendre un peu de recul et travailler sur des projets un peu plus intellectuel et engagé.

Paris Match : Ce retour n’est donc pas intéressé, comme on a pu l’entendre dire par-ci et par là…

HM : Vous plaisantez j’espère ? Est-ce que vous croyez qu’Hugo Martial, avec la carrière qui est la sienne, a besoin d’un nouveau grand succès pour se refaire une santé ? Regardez ma montre par exemple… Non regardez la mieux que ça… Non je ne vous ai pas dit de la toucher non plus. C’est la montre d’un type qui a raté sa vie ça ? Non. Jamais vous ne pourrez vous la payer. Et vous savez pourquoi ? Parce que moi j’ai toujours drivé ma carrière selon des choix et non selon des propositions. Et ça n’est pas prêt de s’arrêter, c’est moi qui vous le dis.

Paris Match : On vous retrouve donc sur scène à partir du 9 janvier dans une pièce de Vernon Davis intitulée “Un grand cri d’amour”. Pouvez-vous nous dire deux mots sur cette pièce ?

HM : Une pièce très forte, à deux personnages. L’histoire d’un avocat, Avener Montague, qui, parti tout en bas de l’échelle sociale, a su gravir les échelons de la profession, à force de courage, d’audace et de réflexion aussi je crois. L’intrigue de la pièce repose sur un événement inattendu rejailli du passé, mais je préfère me taire, au risque de dévoiler l’histoire avant même de jouer la pièce (rire).

Paris Match : Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir sur scène avec cette pièce après tant d’années d’absence ?

HM : J’ai eu des tonnes de propositions ces dernières années vous savez. Mais rien de bien emballant. C’est difficile d’en demander plus lorsqu’on a connu le succès. Aujourd’hui, ce qui m’intéresse, c’est ce que représente l’histoire, ce que ça explique aux gens vous voyez.

Paris Match : Et cette pièce explique quoi ?

HM : En fait, plus je lisais le texte de cette pièce et plus je me disais que ce personnage central, ce personnage d’Avener : c’était moi. Un type brillant, mais humble, qui n’a connu la gloire que par le mérite et qui, en plein cœur du succès, est foudroyé par la vengeance ignoble d’une pauvre femme.

Paris Match : Vous partagez l’affiche avec Myriam Kleber, qui n’en finit plus avec les succès et les nombreux prix glanés ces derniers temps.

HM : Je pense que c’est bien pour une comédienne de sa trempe de se mesurer à une vraie pièce, où tout est dans le sous-entendu, où la réflexion est dans la contemplation, les silences et où tout se dessine et se comprend à travers les lignes. Et puis, je pense que c’est dans la suite logique des choses et de son succès ascensionnel de se retrouver en face d’un comédien comme moi. Comme je lui ai dit, sois sans crainte, tu n’as pas à être impressionnée, on va faire un très bon boulot ensemble.

Paris Match : Votre entente fonctionne bien ?

HM : Pour tout vous dire, on s’est juste croisé. Je devais la voir en tête à tête dans sa loge après la cérémonie des Molières et puis, vous savez comment cela se passe dans ce genre de soirée, avec toute l’euphorie, les embrassades, … enfin bref, le service de sécurité ne m’a pas laissé entrer.

Paris Match : Dans sa loge ?

HM : Non, à la cérémonie.

Paris Match : Vous n’avez pas peur justement que votre ancien public ne soit déçu par un retour manqué ?

HM : Pourquoi mon retour serait manqué ? Je connais mon métier, en quinze ans de carrière, je ne me suis jamais trompé.

Paris Match : Même du temps de vos succès avec Gigi Ortega ?

HM : Gigi Ortega ? Connais pas. (Enervé, Hugo Martial quitte la pièce pour fumer, il n’est jamais réapparu).

Myriam Kleber et Hugo Martial dans « Un grand Cri d’Amour » de Vernon Davis, mise en scène de Léon Lefranc, le 9 et 15 janvier au théâtre de la Comédie de la Passerelle.

Monter sa troupe de théâtre

Posted by Baptiste on Vendredi, 27 novembre, 2009

Ne faites jamais cela…

Baptiste, co-fondateur de la troupe Green Paradise

A ce cher Serge…

Posted by Baptiste on Jeudi, 12 novembre, 2009

La plupart des gens qui lisent mon blog, c’est-à-dire moi-même et quelques personnes égarées suite à des renseignements mal indiqués, savent à quel point je déteste les blogs.

Il n’y a rien qui puisse m’ennuyer plus que de lire un blog, alors en tenir un, vous pensez.

Un blog n’est jamais qu’un support de communication via lequel n’importe quelle personne sans intérêt ou trop satisfaite de ses mérites, peut étaler, avec impudeur et égocentrisme, le reflet commenté de sa propre existence. Alors un blog de comédiens, vous imaginez ?

Bon, pour cette fois-ci je veux bien faire exception et me prêter au jeu. Notre Dir com’ adorée m’a gentiment obligé demandé de rédiger un billet pour notre blog avant la fin du mois de novembre sous peine de me faire virer de la troupe. Bien qu’étant le président de l’association et vu leur aigreur réciproque à mon égard, je ne serais pas le moins du monde étonné de les voir voter à l’unanimité une motion de censure pour m’obliger à démissionner.

Moi qui suis plutôt anachorète, pour ne pas dire cénobite, je me demande encore ce qu’il m’a pris, par un soir d’été, outrageusement alcoolisé, de vouloir monter une troupe de théâtre amateur. Je ne veux pas dire par là que je regrette, mais déjà que la compagnie des gens en général m’insupporte au plus haut point alors la compagnie de théâtre, vous imaginez bien.

C’est bien simple, de tous les spectacles que nous avons montés ensemble, le seul pour lequel j’ai un tant soit peu pris de plaisir à travailler est celui des soliloques (monologues pour les incultes). En revanche, le jouer sur scène m’a beaucoup moins enchanté. Il faut dire qu’à cinq euros la place, vente qui plus est exclusivement réservée aux proches et aux amis, on a très vite fait de se retrouver devant un public pour qui Goldoni doit être une marque de pâtes et Ondine une expression familière. Quand je pense qu’on a interprété un extrait de Phèdre ce soir là, on a vraiment peur de rien.

Enfin, j’exagère, je ne peux pas mettre tous les spectateurs dans le même fauteuil. Il y a des exceptions. J’en veux pour preuve cet ouvrage de pièces de théâtre de Tchekhov que m’ont récemment offert, pour mon anniversaire, deux spectateurs avisés. Le jeu du hasard, mais pas de l’amour, n’exagérons rien tout de même, veut que Tchekhov soit un de mes auteurs préférés en matière de Théâtre. Je fus donc agréablement surpris et reconnaissant à leur égard pour cette marque d’estime et de bon goût, qui, malheureusement, s’estompa très vite lorsque je lus leur petit mot en deuxième de couverture dans lequel ils me signifient que c’est en entendant parler de la pièce de Tchekhov intitulée « L’ours » qu’ils ont eu pour moi l’idée de ce cadeau.

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1ère et unique représentation privée : D-DAY !!

Posted by Baptiste on Dimanche, 20 juillet, 2008

Marie-Renée: Je déteste avouer que je suis malade, cela me fait pleurer.

Blaise : J’espère bien, parce qu’on joue une comédie, pas une tragédie !

Cela dit, vu les dernières répétitions, il y a tout lieu de penser que cela sera vraiment tragique.

Première et unique représentation privée : J-1

Posted by Baptiste on Samedi, 19 juillet, 2008

Côté comédiens :

Eric Chéri de Vréfau : Urticaire

Marie-Renée di Marrval : Otite

Rana de Belgique : Hospitalisation

Vera d’Ourraney: Mononucléose

Plus c’est gros, plus ça passe me direz vous, mais tout de même ! Ne vous était-il pas possible d’avouer tout simplement que vous ne connaissez toujours pas votre texte après 10 mois de répétitions ? Au risque de perdre vos meilleurs amis invités à venir vous voir jouer sur leurs temps de loisir ? Et je ne parle pas des entrées – sorties improbables que nous avons pu constater lors de notre dernier filage, du décor qui n’est pas stable, des paravents miteux qui font office de coulisses, des effets sonores pas du tout synchro, des accessoires qui ne sont pas à leur place et j’en passe et des meilleurs…

Plus tard on pourra dire : on est vraiment parti de très loin…

« Un texte de théâtre, ça ne s’apprend pas, ça se joue »

Posted by Baptiste on Samedi, 19 juillet, 2008

« Un texte de théâtre, ça ne s’apprend pas, ça se joue »

C’est puissant ce que je dis là. On dirait du Goldoni, quel joueur ce Goldoni, né en A1707* comme chacun le sait. Hilarant n’est-ce pas ? Evidemment, pour qui ne fait pas parti de notre troupe de théâtre, que Dionysos vous en fasse grâce, difficile de trouver un sens comique à cette blague quelque peu chafouine qu’on ne s’autorise guère que dans les milieux autorisés, entre gens cultivés, certains soirs, place du Palais Royal ou bien encore dans les couloirs calfeutrés de la rédaction de Télérama à l’encontre de diligents coursiers et autres porteurs de plis en recommandés. Vous pouvez respirer. Tout le talent d’un comédien repose sur le souffle et l’abstraction de la ponctuation, chose que vous ne pouvez pas comprendre.

Cependant, sachez, pour celles et ceux qui ont l’immense privilège d’être invités à notre seule et unique représentation privée de ce dimanche, qu’il est fort probable, en poussant la porte de notre théâtre, que la date de naissance de Goldoni vienne frapper à votre esprit comme une évidence distinguée. Sauf si bien entendu votre niveau de culture théâtrale ne dépasse pas les hauteurs du boulevard Saint-Martin, auquel cas cela voudra dire que vous aurez oublié le code et serez tout indiqué pour sonner à l’interphone. En attendant que l’on vous ouvre vous en profiterez pour éteindre votre portable, merci.

Pour en revenir à cette magnifique citation « Un texte de théâtre, ça ne s’apprend pas, ça se joue. » que je ne me lasse de répéter, sûrement parce qu’elle est de moi et pas de cet imbécile de Goldini, on peut dire qu’elle est l’essence même de notre troupe de théâtre. Aucun de nous n’apprend son texte, ni par cœur ni tout court. Nous préférons employer une méthode qui consiste à ne travailler que le personnage dans un premier temps, jusqu’à bien se l’approprier, l’apprentissage du texte venant seulement après.

Bon, là, ça fait dix mois que l’on essaye de s’approprier les personnages. Inutile de préciser, qu’à la veille de notre première représentation test, note metteur en scène (adoré) s’en arrache les cheveux, à défaut de n’avoir plus de corde vocale.

Mais qu’il se rassure ! Par exemple, bien que doté d’une capacité mémorielle rare, il faut des mois et des mois d’apprentissage pour apprendre à un dauphin à sauter à hors de l’eau à travers un cerceau au simple mouvement de bras d’un type vêtu d’une tenue de plongée devant un parterre d’imbéciles trempés. Pour poursuivre dans la série des cétacés, qu’il sache aussi que Louis XVII ne s’est pas conçu en une seule nuit. Marie-Antoinette avait beau jouer de la flûte à son mari tous les soirs, il lui fallu répéter bien des gammes avant de la voir s’enchanter, ce qui lui valait toujours cette même petite et jolie phrase, avant de s’endormir : « Cher Roi, que fais-je de si maladroit pour que cela finisse par vous la couper ? » L’Histoire, avec une grande hache, lui donnera quelques temps après sa réponse. C’est dire si leur avenir était tout tranché.

* Directrice du théâtre : Pour le code de l’interphone, on ne peut pas l’oublier, c’est A1707, comme la date de naissance de Goldoni !

Blaise : …

Eric Chéri de Vréfau (envolée lyrique): Ah oui ! Le théâtre avec un grand A quoi !