Hugo Martial : Le grand retour sur scène.
Paris Match: Hugo Martial, ça y est, après plusieurs années d’absence, le grand public va enfin vous retrouver sur scène.
HM : Le grand public, peut être et encore, qu’appelle-t-on le grand public (rire) mais l’autre public comme vous dites, a su rester fidèle lui, alors peut-on vraiment parler d’un retour ? Vous savez, c’était avant tout un choix de carrière pour moi de prendre un peu de recul et travailler sur des projets un peu plus intellectuel et engagé.
Paris Match : Ce retour n’est donc pas intéressé, comme on a pu l’entendre dire par-ci et par là…
HM : Vous plaisantez j’espère ? Est-ce que vous croyez qu’Hugo Martial, avec la carrière qui est la sienne, a besoin d’un nouveau grand succès pour se refaire une santé ? Regardez ma montre par exemple… Non regardez la mieux que ça… Non je ne vous ai pas dit de la toucher non plus. C’est la montre d’un type qui a raté sa vie ça ? Non. Jamais vous ne pourrez vous la payer. Et vous savez pourquoi ? Parce que moi j’ai toujours drivé ma carrière selon des choix et non selon des propositions. Et ça n’est pas prêt de s’arrêter, c’est moi qui vous le dis.
Paris Match : On vous retrouve donc sur scène à partir du 9 janvier dans une pièce de Vernon Davis intitulée “Un grand cri d’amour”. Pouvez-vous nous dire deux mots sur cette pièce ?
HM : Une pièce très forte, à deux personnages. L’histoire d’un avocat, Avener Montague, qui, parti tout en bas de l’échelle sociale, a su gravir les échelons de la profession, à force de courage, d’audace et de réflexion aussi je crois. L’intrigue de la pièce repose sur un événement inattendu rejailli du passé, mais je préfère me taire, au risque de dévoiler l’histoire avant même de jouer la pièce (rire).
Paris Match : Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir sur scène avec cette pièce après tant d’années d’absence ?
HM : J’ai eu des tonnes de propositions ces dernières années vous savez. Mais rien de bien emballant. C’est difficile d’en demander plus lorsqu’on a connu le succès. Aujourd’hui, ce qui m’intéresse, c’est ce que représente l’histoire, ce que ça explique aux gens vous voyez.
Paris Match : Et cette pièce explique quoi ?
HM : En fait, plus je lisais le texte de cette pièce et plus je me disais que ce personnage central, ce personnage d’Avener : c’était moi. Un type brillant, mais humble, qui n’a connu la gloire que par le mérite et qui, en plein cœur du succès, est foudroyé par la vengeance ignoble d’une pauvre femme.
Paris Match : Vous partagez l’affiche avec Myriam Kleber, qui n’en finit plus avec les succès et les nombreux prix glanés ces derniers temps.
HM : Je pense que c’est bien pour une comédienne de sa trempe de se mesurer à une vraie pièce, où tout est dans le sous-entendu, où la réflexion est dans la contemplation, les silences et où tout se dessine et se comprend à travers les lignes. Et puis, je pense que c’est dans la suite logique des choses et de son succès ascensionnel de se retrouver en face d’un comédien comme moi. Comme je lui ai dit, sois sans crainte, tu n’as pas à être impressionnée, on va faire un très bon boulot ensemble.
Paris Match : Votre entente fonctionne bien ?
HM : Pour tout vous dire, on s’est juste croisé. Je devais la voir en tête à tête dans sa loge après la cérémonie des Molières et puis, vous savez comment cela se passe dans ce genre de soirée, avec toute l’euphorie, les embrassades, … enfin bref, le service de sécurité ne m’a pas laissé entrer.
Paris Match : Dans sa loge ?
HM : Non, à la cérémonie.
Paris Match : Vous n’avez pas peur justement que votre ancien public ne soit déçu par un retour manqué ?
HM : Pourquoi mon retour serait manqué ? Je connais mon métier, en quinze ans de carrière, je ne me suis jamais trompé.
Paris Match : Même du temps de vos succès avec Gigi Ortega ?
HM : Gigi Ortega ? Connais pas. (Enervé, Hugo Martial quitte la pièce pour fumer, il n’est jamais réapparu).
Myriam Kleber et Hugo Martial dans « Un grand Cri d’Amour » de Vernon Davis, mise en scène de Léon Lefranc, le 9 et 15 janvier au théâtre de la Comédie de la Passerelle.
«Mr Caïman a perdu ses dents».
C’est avec cette phrase tirée d’une chanson pour enfants que tout a commencé.
Retour quelques mois en arrière, lorsque le projet carte blanche nous a été imposé.
Je décidai d’écrire un texte de théâtre: moi qui ai déjà du mal à écrire mon nom, c’est pas gagné.
Comment trouver l’inspiration?
Je fouille dans mes expériences personnelles, dans l’actualité, mais elle ne vient pas.Il ne me restait donc plus que le plagiat. Trouver une pièce inconnue du grand public, changer les prénoms des personnages et prier pour que personne ne l’ai lu. Je trouvai mon bonheur avec «Le Cid» d’un certain Corneille (peut-être le chanteur?).
Mais je me suis fait griller, surement parce qu’il n’y avait aucune faute d’orthographe.
Il fallut donc tout reprendre depuis le début.
D’où la mise au point d’une nouvelle technique: partir d’un mot, et laisser libre cours à mon imagination, sans aucune réflexion (ça je sais faire)
J’attraperai la première personne qui apparaitrai dans mon champ de vision puis:
-Dis un mot.
-Quoi?
-Dis un mot, c’est tout.
-Caïman!
-Pourquoi caïman?
-«Ooooh Mr caïman Ooooh a perdu ses dents» tu connais pas bouffon?
C’était peut être pas une si bonne idée que ça. Mais à auteur désespéré, méthode désespérée.
Je me pose devant une feuille blanche puis…tout s’enchaîne.
30 mn: c’est le temps qu’il m’a fallu pour écrire le 1er acte.
10 jours: c’est le temps qu’il m’a fallu pour le partager au reste de la troupe, persuadé que cela n’amuserai personne, que je me ferai lyncher surtout après que ce cher NKL ai publié ses ilots d’Helsinki, une pièce profonde merveilleusement bien écrite, sans fautes d’orthographes, à voir absolument (représentation exceptionnelle le 27/02/2010)
Et pourtant… elle est acceptée avec enthousiasme, à ma grande surprise.
Au fil des répétitions, je m’amuse à voir chaque comédien s’approprier le texte et lui donner une autre dimension. Je (re)découvre ma pièce.
Puis vint le jour tant attendu de la première représentation. Les gens rient. Des gens pourtant d’horizons et d’âges différents. Nombreux sont ceux qui viennent me féliciter à la fin. Je n’en reviens pas.
Puis on me pose une question à laquelle je n’avais jamais songé:
-Mais où veux tu en venir?
C’est vrai: où est ce que je veux en venir? J’ai envie d’être honnête et de répondre «nulle part» . Mais je ne peux décemment pas le faire, je ne peux pas réduire cette pièce à un simple délire que j’aurai eu avec moi-même, de quoi j’aurai l’air? Il faut que je trouve quelque chose à dire, que je lui donne un sens, mais l’inspiration ne vient pas.
-Alors?
-Dis un mot…
En 3 mois de ma première expérience de mise en scène, je suis passée par plusieurs états proches de l’Ohio, entre mes tentatives d’organisation, mes briefs à l’équipe technique, mes rendez-vous répètes 3 fois par semaine avec mes comédiens, et le semblant de vie sociale et amoureuse que j’ai pu garder…
On m’a demandé aujourd’hui si je regrettais de ne pas jouer ce semestre. En fait pas du tout : c’est moi le patron et on a une superbe synergie avec les comédiens, quand il ne sont pas en train d’éclater un pot de confiture sur ma moquette ou de vider des bouteilles de vin… Mais je vais garder ça pour plus tard, car le PREMIER grand obstacle que rencontre un metteur en scène apprenti comme moi c’est la mauvaise foi des comédiens amateurs qui sont pris en flagrant délit de ne pas connaître leur texte par coeur…
Florilège d’excuses plus débiles les unes que les autres :
Et puis bien, ma préférée, l’excuse ultime : « J’ai pas encore appris le texte des autres. »
Il paraît que j’ai fait la même quand j’apprenais pas mon texte l’an dernier. Je n’en crois pas un mot !
La billetterie est ouverte ici.
Un Grand Cri d’amour, comédie de Josiane Balasko
Avec : Céline, Frédéric Chauvière, Baptise Giansily et NKL.
Mise en scène : Marie Van Der Marlière
Dates : Samedi 9 janvier et Vendredi 15 janvier 2010 à 20h30
Alors qu’une pièce de théâtre risque de tomber à l’eau suite à l’absence imprévue d’une comédienne, Sylvestre doit immédiatement lui trouver une remplaçante. Il tente de convaincre Hugo Martial, l’acteur demeurant à l’appel et homme colérique, de jouer avec Gigi Ortega, son ex-femme ex-alcoolique, avec lequel il s’est déchiré dix ans auparavant. Le metteur en scène Léon se retrouve tout à coup seul face à ces deux personnages à l’ego sur-dimensionné avec lesquels les répétitions vont vite devenir un enfer, pendant que Sylvestre met au point une série de combines plus tordues les unes que les autres afin d’assurer la promotion de sa pièce sur un coup médiatique…
Trahisons, comédie dramatique de Harold Pinter
Avec : Paul-Henri de Baecque, Mike Brouche et Sophie Rausch
Mise en scène : MB
Dates : Vendredi 8 janvier et Samedi 16 janvier 2010 à 20h30
Emma et Jerry ont été amants durant 7 ans, dans le dos de Robert, mari d’Emma et meilleur ami de Jerry.
Ils se retouvent dans un café, ils ne se sont pas vus depuis longtemps.
Comment en sont-ils arrivés là? Pour le découvrir, Trahisons nous fait voyager à rebours dans le temps pour décortiquer les moments forts d’un trio amoureux que tiraillent l’amitié, l’amour et les convenances.
Pièce inclassable, à la croisée du vaudeville et du drame psychologique, Trahisons est un chef d’œuvre signé Harold Pinter, prix Nobel de littérature 2005.
Dieu habite Düsseldorf, comédie en sketches de Sébastien Thiéry
Avec : Paul-Henri de Baecque, Mickaël Gaupillat et Alex TK
Mise en Scène : Alex TK
Dates : Vendredi 26 février et Samedi 06 mars 2010 à 20h30
Avez-vous déjà songé à empailler un membre de votre famille? A remplacer votre appareil génital par un autre tout beau tout neuf? A devenir sourd pour ne plus avoir à entendre les gens vous crier dessus à longueur de journée? Il s’agit pourtant du quotidien de Monsieur N°1 et de Monsieur N°2 qui, de sketch en sketch, alimentent une conversation toujours plus absurde, à l’image du monde qui nous entoure.
Dans Dieu habite Düsseldorf, le monde marche un peu sur la tête et si l’on peut en rire, c’est pour mieux oublier que le désespoir n’est jamais très loin. Heureusement, même si tout ne tourne pas rond ici-bas, Monsieur N°1 et Monsieur N°2 sont aussi là pour répondre à vos angoisses et vous guider dans la bonne direction. Vous n’avez pas d’amis et ne savez pas comment en obtenir? Ils sont là pour vous. Vous voulez vous suicidez mais ne savez pas comment? Ils sont à votre écoute. Vous êtes une victime collatérale de la mondialisation? Ils sont là pour défendre vos droits.
Ou pour vous envoyer à Besançon.
Les Îlots d’Helsinki, drame de NKL / CREATION
Avec : Frédéric Chauvière et NKL
Mise en scène : MB
Date : Samedi 27 février 2010 à 20h30
Après cinq années de silence et d’éloignement, la situation est-elle toujours la même pour ces deux frères ? Leurs retrouvailles seront aussi soudaines que leur séparation, mais permettra de dresser un bilan de leur relation et de leur vie en général.
Entre nostalgie d’un amour fraternel meurtri et rancune inapaisée, les sentiments sont d’autant plus difficiles à exprimer qu’ils s’entremêlent. Et vivre dans l’ignorance mutuelle ne sera pas si simple qu’il y paraît, après de longues années à contempler l’indépendance des îlots d’Helsinki.
http://www.dailymotion.com/videoxba8i6Festival de théâtre génétiquement modifié !
Dès le 8 janvier 2010 découvrez les 4 nouvelles pièces de la troupe, jouées à la Comédie de la Passerelle. Réservez vos place ici.
Emma et Jerry se sont embrassés. Mais qui sont-ils ? Deux amants, deux personnages de théâtre. Ils ne sont réels que dans le corps de deux comédiens. Mais lorsque Jerry touche Emma, la sert dans ses bras, quand Emma lui rend ses baisers… quelle est la part de mon acolyte et de moi-même à cet instant ? Je me suis posée la question jusqu’à hier.
Ce n’est pas anodin le premier baiser sur scène (ou même en répétition). On appréhende, on sent venir l’angoisse. Que vais-je ressentir ? Et puis le moment tant attendu et redouté arrive. On se rapproche, nos lèvres se touchent maladroitement. On rit… gênés. On oublie le texte… perturbés. Mais que ressent-on vraiment ? Rien. Pas de « papillon dans le ventre ». Ce qui parait évident puisque c’est « pour de faux ». L’impression donnée pour qui nous regarde est vraie mais le sentiment réel reste faux. Juste le tour de magie de la comédie.
C’est un peu comme mourir sur scène. Je suis morte il y a 6 mois. Étranglée par un tyran. Je n’ai pas vu défiler ma vie, je n’ai pas souffert. J’ai juste fermé les yeux, relâché mes muscles pour n’être plus qu’une poupée de chiffon dans les bras de mon partenaire qui déposait mon corps au sol. On ferme les yeux, on reste immobile, on attend le souffle court, on ressent le malaise s’installer dans le public, les dernières paroles, puis le silence. On guette le noir qui signifiera que la pièce est finie. Puis on se relève. C’est « pour de faux ».

Metteure en scène en liberté, déchaînée

Le mis en scène enchaîné et privé de toute liberté
Ce soir marque le retour de Green Paradise sur les planches.
Un trimestre s’est déjà écoulé depuis « Le Petit Musée des Grandes Solitudes ». Que c’est-il passé dans la troupe ? Forte du succès de ces deux soirées qui nous ont marqué en décembre, la troupe a continué dans sa lancée. Les nouveaux arrivants se sont accrochés pour ne pas être renvoyés malgré certaines tentatives, nous avons changé de salle de répétition. Désormais, nous avons même le plaisir de nous relaxer en musique, fond sonore pop provenant de la salle de danse voisine. Et évidemment, nous avons progressé (enfin, on espère).
Donc pour ce soir, fini les monologues, le stress d’être seul face au public, seul face à son texte. Ce soir, nous partageons la scène en deux pour dix duos, diverses et variés, empruntés à un large répértoire (Sarah Kane – on ne peut pas s’en passer, Racine, Camus, Jean-Michel Ribes, Sartre, Ionesco…).
Fini également les habits noirs et les masques blancs, ce soir, c’est en costume !
Saurons-nous faire rire ? Saurons-nous faire peur ? Saurons-nous prendre le temps ? Saurons-nous nos textes ?
Réponse ce soir avec…
Rendez-vous en enfer, ou bien au paradis
Rendez-vous d’amour, rendez-vous de folie
Rendez-vous demain, hier ou aujourd’hui
Imposé, imprévu, à l’heure ou en retard,
Un premier rendez-vous pour l’espoir,
Un dernier rendez-vous pour se dire au revoir…