D’un naturel procrastineur ascendant faignant, l’apprentissage du texte est pour moi la tâche la plus fastidieuse et la plus chronophage.
On m’a fait constater récemment qu’au fil de mes presque 5 ans d’expérience théâtrale, j’ai développé, de manière quasi inconsciente, un arsenal impressionnant d’excuses – plus bidons les unes que les autres – pour justifier ma méconnaissance du texte:
- en mode pragmatique: j’ai oublié de surligner cette réplique, donc j’ai oublié de l’apprendre…
- en mode scolaire: je ne connais pas bien les chiffres romains, donc j’ai appris la mauvaise scène…
- en mode « texte mal écrit »: oui, mais le personnage n’arrête pas de répéter la même idée, avec des mots différents, c’est impossible de se souvenir de l’ordre des répliques…
- en mode « c’est pas moi, c’est l’autre »: elle (ma partenaire) n’a pas fait le bon mouvement, donc je ne savais pas que c’était à moi de parler…
Note: quitte à accuser un autre, allez y à fond, en disant que ce n’est pas possible de travailler dans ces conditions, que ça vous déconcentre, que vous connaissiez votre texte, mais que là c’est plus possible, vous n’êtes plus dedans!
- en mode médical: j’étais à l’hôpital pour une ablation de l’appendicite et je n’avais pas pris mon texte avec moi…
- en mode altruiste: j’ai plus appris le texte de mon partenaire que le mien afin de pouvoir l’aider s’il a un blanc…
Et ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres, plus de 300 d’après la légende…
Donc vous l’aurez donc compris: s’il faut un comédien de « mauvaise foi » dans une troupe pour respecter la diversité des caractères, la place est déjà prise!